Un régime sans FODMAPs : la fausse bonne idée !

Suivre un régime pauvre en FODMAP ? Bonne ou mauvaise idée? Vivre avec le syndrome de l’intestin irritable (SII) est bien trop souvent synonyme de symptômes digestifs à répétition. Crampes, ballonnements, troubles du transit gâchent le quotidien de nombreux malades. En cause ? Ces petits et sournois sucres fermentescibles que sont les FODMAPs. Aussi, nombre de personnes souffrant du SII n’hésitent pas à adopter un régime sans FODMAPs. Et c’est donc.......une mauvaise idée ! Explications.

 

Non au régime sans FODMAPs !

Force est de constater qu’en cas de syndrome de l’intestin irritable (SII), il est nécessaire d’adapter son alimentation à ses troubles digestifs. Et les résultats se font rapidement ressentir : intestin apaisé, transit plus fiable, douleurs amoindries… Sur le papier en effet, cela fait rêver ! Mais supprimer totalement les FODMAPs n’est pas la solution. Les FODMAPs sont en effet présent dans de très nombreux aliments du quotidien, nécessaires à une alimentation variée et équilibrée. Aussi est-il préférable d’adopter une alimentation pauvre en FODMAPs au lieu d’une suppression totale de ces sucres fermentescibles. Vous allez vite comprendre pourquoi.

 

Régime sans FODMAPs et déséquilibre du microbiote intestinal

Avez-vous déjà entendu parler des probiotiques et des prébiotiques ? Les probiotiques sont des micro-organismes vivants présents dans notre système digestif (bactéries, levures) mais également dans certains aliments dotés de bénéfices santé. Les prébiotiques constituent quant à eux le substrat – la nourriture – des bactéries qui composent notre microbiote intestinal (anciennement connu comme flore intestinale). Tous deux sont liés : les prébiotiques sont nécessaires à la prolifération des bonnes bactéries intestinales (les probiotiques) et à l’équilibre général de notre microbiote.

Mais il y a un hic ! Les aliments riches en prébiotiques sont difficilement dégradables et causent une multitude de troubles digestifs chez les malades SII. Et pour cause, les FOS (fructo-oligosaccharides) et les GOS (galacto-oligosaccharides) sont sources de prébiotiques ET de troubles digestifs. Le blé, l’ail, les oignons, les poireaux (FOS) les lentilles, les haricots rouges, les pois chiches (GOS) servent de nourriture à nos bactéries intestinales et sont a priori bénéfiques à notre santé digestive. Mais ce sont aussi les aliments dont la fermentation favorise gaz, crampes et ballonnements… Quant aux probiotiques, que vous retrouvez dans des aliments fermentés, à savoir le yaourt, le fromage, la choucroute, ils sont difficilement tolérés chez les personnes souffrant de SII.

Ainsi, en retirant les FODMAPs de l’alimentation, vous contribuez au déséquilibre de votre microbiote intestinal. Seulement, un équilibre du microbiote intestinal a de multiples bienfaits : les bactéries intestinales constituent notamment une véritable barrière intestinale contre les agents pathogènes, interviennent dans la fabrication de vitamines du groupe B et K…

 

Sans FODMAPs et sans fibres

Les aliments à forte teneur en FODMAPs sont par exemple souvent des aliments très riches en fibres : haricots, lentilles, flageolets, choux, artichauts… Or, les fibres regorgent de bienfaits : régulation du transit, accroissement de la sensation de satiété, absorption du glucose ralentie… Les recommandations actuelles nous suggèrent de consommer 25 à 30 g de fibres par jour. Mais les personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable sont souvent loin desdites recommandations afin de minimiser leurs troubles digestifs.

Mais aussi de possibles carences en cas de régime sans FODMAPs

Se priver des FODMAPs sur le long terme induira inéluctablement des déséquilibres en macronutriments (lipides, protéines, glucides) et des carences en vitamines et minéraux. Limiter la variété de l’assiette par peur de représailles digestives peut s’entendre mais n’est guère recommandé. Les risques d’une trop grande restriction sont là : anémie, système immunitaire affaibli, ostéoporose…

Outre les potentiels risques pour votre santé, renoncer aux FODMAPs favorisera la lassitude ressentie face à l’assiette, car les FODMAPs sont partout. Aussi est-il nécessaire de connaître sa tolérance à chacun des FODMAPs afin de ne plus tous les exclure…

 

Des Menus pauvres en FODMAPS dans le cadre d'un régime limité en FODMPAS? Un grand oui !

En effet l’idée n’est pas de supprimer ces aliments qui vous veulent du mal, mais de limiter votre exposition à ces derniers. Cela correspond à la phase 1 d’une alimentation pauvre en FODMAPs. Cette phase ne peut et ne devrait pas s’éterniser car trop restrictive. Idéalement, cette phase devrait durer 3 à 6 semaines.

Ensuite, il est nécessaire de passer à la deuxième étape de l’alimentation pauvre en FODMAPs, à savoir la phase de réintroduction. Cette étape a pour objectif de tester votre seuil de tolérance à chacun des FODMAPs, que vous devrez réintégrer progressivement, l’un après l’autre. Il est très important de tester un FODMAP à la fois : monosaccharides dans un premier temps, puis polyols, puis disaccharides… Il vous faut choisir des aliments ne contenant qu’un seul type de FODMAPs.

 Au terme de cette phase, vous saurez enfin quels FODMAPs sont en cause dans vos troubles digestifs et pourrez adopter une alimentation personnalisée, respectant vos propres seuils de tolérance. Il est important, fondamental même, de limiter les restrictions afin de multiplier le plaisir dans l’assiette. Mais la mise en place d’une alimentation pauvre en FODMAPs est longue, complexe et contraignante. L’aide d’une diététicienne est fortement recommandée.


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